Accompagner les activités

La formation des opérateurs de découverte en mer

L'activité commerciale de whale-watching génère une certaine économie mais peut aussi affecter fortement les mammifères marins si elle est mal pratiquée. Cette activité est encadrée.

L’arrêté délivré par le Préfet maritime et réglementant l’approche des cétacés dans toutes les eaux françaises des Antilles prévoit la possibilité d’accorder des autorisations spécifiques dans le cadre de manifestations nautiques pour les professionnels souhaitant exercer cette activité. Ces autorisations sont délivrées aux navires par la Direction de la mer et sur dossier. Pour limiter la pression sur les animaux, l’arrêté prévoit que les demandeurs se conforment aux recommandations d’approche formulées par le Sanctuaire Agoa.
Initiée en 2016, cette formation a pu être dispensée à 50 professionnels de l'activités commerciale d'observation des cétacés en Martinique, en Guadeloupe et à saint-Martin.

De nouvelles formations sont en cours de construction et les professionnels déjà formés bénéficieront d'un recyclage de leur formation initiale. Ces nouvelles formations, plus exigeantes, visent à améliorer les pratiques de whale watching et donc à limiter le dérangement des cétacés.

Ainsi, pour guider les activités commerciales d’observation des mammifères marins sur l’eau et aider les professionnels à limiter leur impact sur les cétacés fréquentant les Antilles, une formation a été mise en place par l’équipe du Sanctuaire. Elle a été construite en collaboration avec le bureau d’étude Aquasearch et l’association Souffleurs d’écume (désormais Miraceti) et aborde de nombreux sujets tels que les espèces, leurs habitats, les pressions qui pèsent sur les mammifères marins, ou encore la réglementation en vigueur. Les professionnels sont ensuite évalués sur la partie théorique de la formation et un accompagnement en mer est dispensé pour montrer les bonnes pratiques.
A l’issue de la formation, les professionnels s’engagent à respecter les mammifères marins et à adopter les bons comportements en signant la charte du Sanctuaire Agoa. Une attestation de formation leur est alors délivrée.

Aujourd'hui cette activité florissante se développe rapidement, notamment en Martinique où on compte une cinquantaine d'opérateurs commerciaux. Au delà de l'obligation de se conformer aux recommandations du Sanctuaire Agoa en ce qui concerne l'approche respectueuse des animaux, les services de l'Etat en charge de la délivrance des autorisations de manifestations nautiques dans les Antilles françaises et les services de l'Office français de la biodiversité (dont l'équipe du Sanctuaire Agoa) travaillent ensemble afin de réduire les pressions générées sur les mammifères marins par cette économie spécifique.

Les avis consultatifs

En tant qu’experte et gestionnaire d’une aire marine protégée, l’équipe du Sanctuaire est sollicitée régulièrement afin de donner son avis sur des projets pouvant affecter les mammifères marins.

Les projets sont déposés la plupart du temps auprès de la Division de l’action de l’état en mer ou de la DEAL qui sollicitent alors l’avis du Sanctuaire.
Il peut s’agir de manifestations nautiques, de campagnes de recherche, d’utilisation d’hélicoptère à basse altitude ou encore de travaux sous-marins (dragage de port, pose de câble sous-marin…). Ces projets génèrent des nuisances pour les animaux. Le rôle du Sanctuaire est alors de vérifier qu’ils respectent la réglementation relative aux mammifères marins dans les eaux des Antilles françaises, d’identifier les menaces potentielles qu’ils représentent et de proposer des mesures spécifiques en cas de dérangement. 
Les avis émis par le Sanctuaire Agoa sont consultatifs, il s’agit donc de recommandations et le service instructeur des dossiers en prend compte sans être tenu de s’y conformer. Selon la teneur du dossier, un arrêté préfectoral délivré par le préfet maritime pourra ensuite autoriser la conduite du projet.

 

crédit photo du bandeau : Souffleur d'écume