La collaboration avec la Marine nationale

La marine nationale est présente sur toutes les mers du globe et fait preuve d'une exigence particulière pour respecter l'environnement. Grâce aux missions effectuées, elle collecte des données et des observations pouvant servir l'atteinte des objectifs de développement de la connaissance du Sanctuaire. Il paraissait donc évident que la Marine Nationale et le Sanctuaire Agoa se rapprochent pour coordonner leurs efforts.

La formation des marins volontaires

En concertation avec d'autres aires marines protégées des Antilles, une formation initialement prévue en 2020 aura lieu en 2021. Il s’agit de former le personnel embarqué de la Marine Nationale. Ceci afin d’obtenir à terme de nouvelles données d’observation dans des zones qui n’ont pas ou peu été prospectées, et notamment la haute mer. Cette formation est dédiée aux marins volontaires.

Les missions scientifiques embarquées

La marine nationale a proposé la mise à disposition de moyens hauturiers aux services de l'Office français de la biodiversité pour qui cela pouvait être utile. Aux Antilles, c'est le bâtiment de soutien et d'assistance outre-mer (BSAOM) Dumont D'Urville, qui a été mis à disposition du Sanctuaire Agoa et du Parc naturel marin de Martinique. Ainsi, les scientifiques de ces deux services de l'OFB ont pu accéder à des zones qui leurs sont habituellement inaccessibles.

La première mission scientifique exploratoire dans les Antilles, nommée An Ba D'Lo, a eu lieu en décembre 2020 dans les Antilles françaises. Pour le Sanctuaire, ce fut une formidable occasion pour renforcer les connaissances sur la fréquentation et l'utilisation du milieu hauturier par les cétacés. Deux membres de l'équipe technique ont pu embarquer. Pour les épauler, le Sanctuaire à fait appel aux experts scientifiques du bureau d'étude Aquasearch qui ont pu effectuer un suivi par observation visuelle ainsi que des relevés acoustiques par hydrophone. C'est ainsi que cinq espèces de cétacés ont pu être observées : en mer Caraïbes le dauphin tacheté pantropical et le globicéphale tropical, en Atlantique le petit rorqual, le cachalot nain et le grand dauphin . A bord, avec les membres de l'équipe technique du Sanctuaire, ils ont également pu sensibiliser un équipage très intéressé par les enjeux de préservation des mammifères marins.

An Ba D'Lo fut ainsi l'occasion d'échanges riches entre deux administrations aux horizons différents et pourtant liées.

l'équipe An Ba D'Lo

Les experts scientifiques, les agents du Sanctuaire Agoa et du Parc naturel marin de Martinique sur le pont.

Olivier Nicolas/Marine Nationale/Armées

Les experts scientifiques, les agents du Sanctuaire Agoa et du Parc naturel marin de Martinique sur le pont.

Olivier Nicolas/Marine Nationale/Armées

La mission An Ba D'Lo fut également l'occasion, pour les agents de l'OFB et les scientifiques de l’Université de Bretagne Occidentale, du Muséum National d’Histoire Naturelle et le d’UMR ISYEB (Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité), d'effectuer neuf prélèvements d'ADN environnemental dans l'océan. Il s'agit d'une technique de pointe qui consiste en l'identification d'espèces à partir de l'ADN qu'elles laissent dans leur environnement. En effet, en interagissant en permanence entre eux et avec leur environnement, les individus peuvent libérer des cellules dans leurs sécrétions, dans des tissus perdus ou lors du renouvellement cellulaire par exemple. Au cours de la mission, ces traces génétiques ont pu être récoltées en puisant et filtrant l’eau de mer. L'ADN étant le support universel de l'information génétique, son analyse permet de détecter la présence de ces individus et de déterminer les espèces auxquelles ils appartiennent. En cours d'analyse par le laboratoire SPYGEN, les échantillons ont pour l'instant montré la présence de delphinidés dont l'espèce reste à déterminer.

Le BSAOM Dumont D'Urville

Le BSAOM Dumont D'Urville pendant la mission An Ba D'Lo.

Olivier Nicolas/Marine Nationale/Armées

Le BSAOM Dumont D'Urville pendant la mission An Ba D'Lo.

Olivier Nicolas/Marine Nationale/Armées

le Dumont D'Urville

Le BSAOM Dumont D'Urville avant l'appareillage pour la mission An Ba D'Lo.

Amandine Escarguel / Office français de la biodiversité

Le BSAOM Dumont D'Urville avant l'appareillage pour la mission An Ba D'Lo.

Amandine Escarguel / Office français de la biodiversité

En service actif depuis 2020, le BSAOM Dumont D'Urville est le plus récent des bâtiments de la classe D'Entrecasteaux. Basé à Fort de France, il mesure 65 mètres de long pour une largeur de 14 mètres. Pouvant accueillir 24 marins, ce bâtiment peut réaliser des missions diversifiées telles que la surveillance maritime, l'assistance humanitaire, l'intervention lors de pollution en mer ou encore la lutte contre le narcotrafic. 

A bord du Dumont D'Urville.

A bord du Dumont D'Urville.

Olivier Nicolas/Marine Nationale/Armées

A bord du Dumont D'Urville.

Olivier Nicolas/Marine Nationale/Armées

Observation visuelle.

A bord du Dumont D'Urville.

Olivier Nicolas/Marine Nationale/Armées

A bord du Dumont D'Urville.

Olivier Nicolas/Marine Nationale/Armées

Observation visuelle.

Observation visuelle à bord du Dumont D'Urville.

Olivier Nicolas/Marine Nationale/Armées

Observation visuelle à bord du Dumont D'Urville.

Olivier Nicolas/Marine Nationale/Armées

Obervation visuelle.

Observation visuelle à bord du Dumont D'Urville.

Olivier Nicolas/Marine Nationale/Armées

Observation visuelle à bord du Dumont D'Urville.

Olivier Nicolas/Marine Nationale/Armées

Le BSAOM Dumont D'Urville

Le Dumont D'Urville pendant la mission An Ba D'Lo.

Olivier Nicolas/Marine Nationale/Armées

Le Dumont D'Urville pendant la mission An Ba D'Lo.

Olivier Nicolas/Marine Nationale/Armées

Observations acoustiques.

Déploiement de l'hydrophone à bord du Dumont D'Urville.

Olivier Nicolas/Marine Nationale/Armées

Déploiement de l'hydrophone à bord du Dumont D'Urville.

Olivier Nicolas/Marine Nationale/Armées

La collaboration dans le Pacifique

La collaboration entre la Marine nationale et l'OFB ne se limite pas à la Martinique puisqu'il s'agit d'un accord national. Faisant écho à la mission An Ba D'Lo, l'expédition Kivi Kuaka a ainsi permis à huit scientifiques d'embarquer fin janvier 2021 à bord du BSAOM Bougainville. Cette mission dans le Pacifique Sud a consisté en l'observation du comportement d'oiseaux migrateurs. L'objectif étant d'améliorer la capacité des scientifiques et des météorologues à déceler la formation et l'évolution des cyclones pour anticiper les catastrophes naturelles.
Ce partenariat associait le Ministère des Armées, le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et le Ministère de la transition écologique et solidaire (MTES), l’Agence française de développement (AFD), l’Office français de la biodiversité (OFB) et Météo France.

 

crédit photo du bandeau : Olivier Nicolas/Marine Nationale/Armées